Témoignage

Grâce aux clubs libertins, j’ai appris à assumer mes envies sexuelles

Caroline, 33 ans “il y a 6 ans, elle fréquentait les clubs libertins de la région nantaise et parisienne. L’expérience a transformé son rapport au corps et à la sexualité”

« Après une séparation, j’ai voulu me concentrer sur ma sexualité. Je me suis donc inscrite sur des sites échangistes. Sur l’un de ces sites, j’ai rencontré un garçon qui a été mon pote de club libertin. C’est lui qui m’en a parlé, qui a proposé de m’emmener pour la première fois, qui m’a présenté les règles du jeu, qui m’a chaperonné.

J’ai fréquenté ces clubs durant un an ou deux. La première fois, je ne pensais pas y retourner, mais l’ambiance était bienveillante. Je ne sentais pas de notion de compétition ou de performance.

A cette époque, avec les garçons avec qui j’étais réellement en couple, c’était beaucoup de « sexe vanille ».  Il n’y a pas d’insultes, rien qui peut laisser des bleus ou des traces. J’avais essayé de le demander à mes conjoints, mais c’était très compliqué pour eux. Ça revenait pour eux à me manquer de respect, à me faire passer « de la mère à la pute ». La solution pour moi a donc été d’aller voir un parfait inconnu. Les coups d’un soir et les clubs libertins étaient deux manoeuvres d’évitement pour fuir ce « sexe vanille ».

« Je n’ai jamais été la reine du bal »

J’ai toujours été extrêmement sexuelle. C’est quelque chose de mal perçu. Le fait d’assumer mes envies sexuelles, de montrer qu’en tant que femme, j’aime le sexe et que j’ai envie qu’on me donne la fessée, que j’ai envie d’être attachée. Ce n’était pas possible de le dire avant. Grâce aux clubs libertins, j’ai appris à assumer mes envies sexuelles, j’ai pu assouvir des choses, j’ai pu verbaliser.

Au départ, j’avais de l’appréhension, peur du débordement, du non-respect du safe-word… J’avais tort. Les clubs me permettent de faire ce que j’ai envie de faire quand j’ai envie de le faire. Un plan à trois par exemple, ou bien me balader à poil, ou juste échanger des regards avec un mec dans un jacuzzi sans qu’il ne se passe rien, ou décider qu’en fait, il va se passer quelque chose. Je sais que je ne prends pas de risque, que je peux exprimer librement mes désirs, je sens que j’ai le droit de dire non.

Je n’ai jamais été la reine du bal au collège, ni même au lycée. À cette période, je faisais probablement un taille 44 ou du 46, je n’étais pas du tout consciente du pouvoir d’attraction que je pouvais avoir avec les hommes. En ayant affaire à des inconnus, vous pouvez vraiment vérifier votre sex appeal. Un club libertin vous permet de vous dévêtir des préjugés. J’ai vu des gens dans ces clubs qui n’avaient pas forcément l’âge qu’il fallait ni la taille de sexe qu’il fallait, mais qui avaient une telle attitude que cela en devenait sexy.

J’y ai développé une capacité de me balader toute nue devant quelqu’un avec la conviction profonde que je suis désirable. Je ne me suis jamais sentie aussi libre et bien dans mes bottes que depuis cette expérience en club.  Je n’ai plus aucun problème à draguer et à être draguée. Maintenant, je considère comme acquis le fait que j’ai de beaux seins, de jolies jambes. J’essaie aussi de travailler sur mon attitude, sur le fait de me sentir belle, de me trouver sexy même sans maquillage. Un soir, avec des copines, je suis allée danser avec les cheveux sales et un col roulé et j’ai choppé l’un des plus beaux garçons du bar.

« Je vois la différence entre ceux qui font l’acte sexuel et ceux qui aiment l’acte sexuel »

Les garçons que je fréquentais avant, ça pouvait être un peu scolaire au lit, ou donner l’impression qu’ils sont là pour assouvir un besoin. Je n’ai maintenant plus du tout de difficultés, lors du premier rapport avec un garçon, à prendre la main de mon partenaire et à lui montrer et expliquer ce qui me fait du bien. Je sais aussi que les hommes n’ont pas qu’une seule manière de prendre leur pied. Je communique donc plus facilement.

J’arrive à rencontrer des hommes qui vont vraiment aimer le sexe. Je vois la différence entre les personnes qui font l’acte sexuel et ceux qui aiment l’acte sexuel. Le libertinage m’a aidée à affuter mes antennes dans ma recherche du « partenaire idéal ». »

Eloïse Bartoli – https://www.neonmag.fr/

Je suis libertine

Je, je suis libertine : témoignage d’une femme délivrée

Justine n’a jamais cherché à devenir libertine, c’est le libertinage qui est venu à elle. Pour nous, la jeune femme revient sur la rencontre qui a tout changé et les multiples expériences sexuelles (mais pas que) qu’elle partage aujourd’hui avec son mari.

Il y a encore une dizaine d’années, quelque temps avant mon mariage, je menais une vie sexuelle plutôt classique. J’étais sage et réservée, mais à l’aise avec mon corps. Tout a basculé quand j’ai rencontré A. au travail. Une femme magnifique, qui est rapidement devenue une copine. Nous passions beaucoup de temps à discuter, elle me racontait ses soirées arrosées, ses rencontres avec des hommes. Elle était étudiante, jeune, libre. Elle n’avait aucun tabou. Très vite, je suis tombée en admiration pour elle, son style vestimentaire, son style de vie, son aisance.

“Le jour où j’ai embrassé cette femme, j’ai compris qui j’étais”

A. était sûre d’elle, bien dans sa peau, elle ne se posait aucune question et se foutait franchement des qu’en-dira-t-on. Ce qui me frappait, c’était ce sentiment qu’elle était à l’extérieur ce que j’étais à l’intérieur. Je sentais que je lui ressemblais, mais qu’un nœud au fond de moi m’empêchait de me révéler. Quelque chose bloquait.

Un soir, je l’ai suivie dans un bar. Nous avons bu et fait la fête. Je gardais mon masque professionnel, je n’osais pas me lâcher. Pourtant, A. m’envoyait des signaux, elle commençait à flirter avec moi. Je n’avais jamais embrassé une fille et ça me paraissait impossible. Ce n’était pas moi. Au fil de la soirée, cette impression que je me contenais beaucoup trop a fini par me mettre au défi. Hypnotisée par A. et portée par l’ambiance, j’ai choisi de me laisser faire, de déconnecter, de casser mon image. A. m’a embrassée et j’ai eu un déclic, sans pouvoir poser des mots.

“Avec mon partenaire, nous voulions tester de nouvelles expériences sexuelles, ensemble ou à plusieurs”

Lorsque A. a posé ses lèvres sur les miennes, elle nous a prises en photo, euphorique et heureuse d’immortaliser l’instant, le plaisir. Elle a posté le cliché sur Facebook, mais ça je ne le savais pas encore. Je suis rentrée chez moi un peu bredouille. Je voulais en parler à B., mon futur mari avec qui j’étais déjà depuis cinq ans, parce qu’il venait de se produire quelque chose de fou en moi. Une envie de m’affranchir des règles. Mais j’étais gênée, je ne savais pas comment il allait le prendre. Ce n’était même pas une question de culpabilité, car je ne m’en voulais pas. Je me sentais bien.

B. m’a tout de suite ôté une épine du pied puisqu’il venait de voir la photo sur Facebook et qu’il trouvait ça “chouette” . Il était titillé par cette image et par cette “nouvelle moi”. Nous avons discuté de cet événement, de mon ressenti, et on a conclu qu’on pourrait un jour tester de nouvelles expériences sexuelles, ensemble, à plusieurs. Néanmoins, pris par l’organisation du mariage, nous avons mis le dossier de côté.

“Notre envie première était que je fasse l’amour avec une femme sous les yeux de mon mari”

Après notre mariage, le sujet est revenu naturellement sur le tapis. Ce qui s’apparentait le plus à nos désirs était le libertinage. Pour nous, le libertinage est un espace de liberté de pensée et d’agir. C’est aussi un esprit de partage. C’est ce que nous attendions : nous ouvrir. A nous-mêmes, mais aussi aux autres. J’ai alors surfé sur le site nouslibertins.com et je nous ai inscris. Un mélange de curiosité et d’excitation.

Notre envie première était que je fasse l’amour avec une femme sous les yeux de mon mari et du sien, tandis qu’ils pourraient nous caresser, mais chacun sa chacune. Notre limite était telle que je ne voulais pas embrasser d’autres hommes, tout comme mon partenaire n’embrasserait pas d’autres femmes. Nous sommes tombés sur un couple partant et nous avons beaucoup discuté tous les deux avant cette expérience. Etre en confiance est primordial. Si l’un de nous deux ne le sentait pas, ou plus, il stopperait tout. Dans ce genre d’expérience, celui qui stoppe a toujours raison.

“On ne parle pas tant de plaisir sexuel, mais de partage”

Le jour venu, nous nous sommes laissés porter par le moment présent. Puis, très délicatement, l’autre homme a attrapé la main de mon mari et l’a déposée sur les seins de sa femme. C’était une invitation à aller plus loin. Ce n’était pas prévu, mais ce n’était pas forcé, non plus calculé. Pour autant, nous ne nous sommes pas mélangés, nous ne voulions pas aller trop vite. Mais ce geste, aussi puissant soit-il, nous a plongés dans une nouvelle dimension. Il a ouvert des portes.

C’était très agréable d’un point de vue sensations, mais dans ce genre d’aventure, on ne parle pas tant de plaisir que de partage : nous venions de partager quelque chose de dingue. Le lendemain, nous étions tous les deux sur un petit nuage. Nous avions le sentiment d’avoir vécu une soirée exceptionnelle et d’être exceptionnels. C’était assez dingue et cela nous rassurait quant à la direction que nous prenions.

“Le libertinage est une cerise sur le gâteau”

Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous avons tenté plusieurs types d’expériences. Nous évoluons, ça s’est fait très lentement. Au sein du libertinage, il y a toute sorte de pratiques : le mélangisme (pas de pénétration hors couple), l’échangisme, le “côte-à-côtisme” (deux couples font l’amour côte à côte). Avant de nous lancer, nous parlons des heures. Et puis, nous avons toujours eu une relation épistolaire, alors nous n’hésitons pas à nous écrire de longs mails pour partager nos désirs et nos fantasmes, aussi nos limites.

Nous ne nous forçons jamais. Nous prenons les rencontres comme elles se présentent, on ne s’impose rien. Il nous est arrivé de tout abandonner pendant deux ans pour cause de soucis familiaux. Nous nous sommes alors éloignés du milieu libertin et ça nous manquait. Ce mode de vie est pour nous une cerise sur le gâteau. Nous aimons vivre ces instants exceptionnels, suspendus dans le temps, hors du temps.

“Nous ne courons pas après l’acte en lui-même, nous aimons la séduction, le fait de s’apprêter”

Nous cherchons d’abord à rencontrer des personnalités, à nous faire des amitiés à géométrie variable, comme on aime le dire. Nous créons des liens et nous voyons où ça nous mène. Nous ne considérons jamais les autres comme de simples plans cul. Très fréquemment, nous profitons simplement d’une expo avec des personnes pour qui nous avons un coup de cœur. Nous tombons sur des gens de tous milieux, aux histoires différentes, qui nous racontent leurs vies, leurs voyages, leurs métiers. C’est génial. Notre démarche ne se résume pas au sexe, elle est bien plus profonde que ça. Penser que ce n’est que du sexe, c’est réducteur.

On s’aperçoit vite que sur les sites de mise en relation pour libertins, il y a deux types d’approches. Il y a les personnes qui veulent simplement du sexe et qui envoient d’emblée un “galerie ?”, pour qu’on ouvre nos photos au public car elles sont privées. Ces individus sont là pour faire leur marché. D’autres, au contraire, privilégient l’humain, sans arrière-pensée. Nous appartenons à la deuxième catégorie. Nous ne courons pas après l’acte en lui-même, nous aimons la séduction, le fait de s’apprêter, comme si nous étions “un couple célibataire”. Nous nous sommes toujours dit que si nous n’avions pas de papillons dans le ventre avant un rendez-vous, on annulait. Ce n’est pas de l’amour, c’est davantage de la curiosité, une envie physique, un besoin relationnel.

“En ce moment, on s’initie au BDSM”

Nous sommes aussi libertins à deux. C’est un état d’esprit, une ouverture. Dans notre intimité sexuelle, nous restons friands de découvertes. Nous choisissons de la lingerie et nous testons de nouveaux sextoys. L’important est d’être sur la même longueur d’onde et de s’écouter l’un, l’autre et soi-même. Des mots que je me martèle régulièrement. En ce moment, on s’initie au BDSM (6 conseils hot pour dominer son homme à lire ici), et plus particulièrement au DS, c’est-à-dire à la domination-soumission. Nous commençons à peine, de façon ludique, pas violente du tout. Nous prenons notre temps, nous aimons l’exploration en douceur, et toujours sérieusement. Nous sommes intéressés par le rapport psychologique, plus que le rapport physique de cette pratique. Nous cherchons le lâcher-prise total, le fait de se laisser aller complètement à l’autre, de s’en remettre à lui en toute confiance.

“Je serais très gênée que ma famille le découvre”

Nos proches ne savent rien. Certes, ils devinent que nous sommes sexuellement à l’aise. Je n’ai aucun problème quand il s’agit de montrer ma boîte de jouets à mes copines. Mais on ne raconte rien de notre libertinage. Ce qui est drôle, c’est que nous sommes déjà tombés sur un couple d’amis sur le site que nous ne savions pas libertins. Nous ne montrons pas nos visages, mais ils ont reconnu notre style de photos. La “règle” tacite dans ce cas c’est “je sais et tu sais, très bien, mais personne ne raconte rien ailleurs”. Je serais très gênée que ma famille le découvre. Chez nous, le sexe n’est pas quelque chose que l’on dit ou raconte. C’est très personnel.

Nous nous cachons sous des pseudos. Ce sont des amis libertins qui m’ont inspiré le prénom de Justine après m’avoir surnommée ainsi en référence à Justine ou les Malheurs de la vertu, du marquis de Sade. Et j’aime beaucoup cette Justine, cette femme que je suis devenue, bien dans ses baskets, au lit comme dans la vie de tous les jours, depuis ma rencontre avec A…. qui a changé ma vie.

 

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